LT200

Le LT200 est un modèle issu d'un kit Aeronaut. Il fut conçu comme modèle de débutant, pour s'initier, tant à la construction essentiellement basée sur du bois, que pour l'initiation au pilotage d'un motoplaneur. Sa géométrie générale se rapproche de celle des RES, avec son envergure limitée à 2 m. Mais contrairement aux RES, le LT200 peut être équipé d'ailerons, en plus des volets qui servent avant tout d'aérofreins. La géométrie de l'aile se prête au pilotage 2-axes, car les panneaux de bouts d'ailes sont montés sous un dièdre appréciable, largement suffisant au contrôle de l'axe de lacet. Le LT200 me rappelle fort mon premier planeur radioguidé, l'Amigo-2, à l'époque une construction à partir d'un kit Graupner... Ça remonte à un demi-siècle ! Comme l'Amigo-2, le LT200 peut être monté sans moteur, auquel cas il devra être mis en altitude au sandow ou au treuil. Mais c'est surtout sa version à motorisation électrifiée qui est la nature-même du modèle.
Sur la boîte, le LT200 est annoncé "aero=naut Jugend", avec la mention en allemand traduite librement en "ce modèle se prête bien à la promotion de l'aéromodélisme dans les associations, écoles et clubs". J'en ai donc acquis une boîte, "pour voir". Le montage est très clairement expliqué et l'usage de gabarits lors du montage évite les plus grosses erreurs que pourrait rencontrer un débutant. Les ailes sont complètement coffrées en balsa 1.5 mm, autour d'un longeron composite en sapin et multiplex 3 mm. Elle s'avère très rigide, tant en flexion qu'en torsion, et me semble donner de bonnes garanties de survie entre des mains peu expertes.
Mon LT200 a même été engagé il y a quelques années en concours F5J, sous les doigts habiles de notre membre de l'époque, Daniel Robert, notre talentueux électronicien au surnom John3Volts3, bien connu sur les réseaux de fans de microprocesseurs.
Enzo, notre premier sujet exposé au LT200
Début 2025, je fus contacté par le père d'Enzo Pironio, un élève de 6ème primaire à Boisfort, qui pensait présenter la construction et la mise en vol d'un aéromodèle comme projet de travail de fin d'études primaires de son école. Contact fut pris avec ses enseignants et je pus assister Enzo, à raison de deux sessions d'une heure chaque semaine, dans le cadre de sa classe de "travaux manuels", comme on l'appelait quand j'étais gamin. Comme équipement radio, Enzo disposait d'une FlySky FS-6i, une télécommande simple et bon marché, mais parfaitement adéquate au projet.
Après un demi-année de mentorat, soit environ 40 heures, le modèle était fin prêt et avec son papa, prof de physique à l'ULB, nous eûmes une première séance de pilotage au terrain de Hamme-Mille. Une partie du but final était atteinte, mais Enzo devait encore présenter publiquement son travail devant sa classe et ses enseignants, séance à laquelle Paulette et moi eûmes l'occasion d'assister. Le jeune homme s'en tira merveilleusement. Son exposé, illustré par une présentation Powerpoint, aborda les éléments d'aérodynamique qui régissent le vol, ainsi que les éléments de codage du signal radio qui assurent la transmission par l'émetteur radio des commandes du pilote au modèle en vol. Quelques semaines plus tard, Enzo s'envola au Japon, avec sa famille, son papa y étant invité pour raison professionnelle. En plus d'avoir abordé avec succès la pratique de notre beau hobby, Enzo avait acquis des notions parlées et écrites de nihongo, la langue japonaise...
Léo, un second jeune embarqué dans l'aventure...
Au courant de l'été 2025, par une belle après-midi de vol, se présenta au terrain un blondinet équipé d'un modèle radiocommandé en mousse, représentation d'un chasseur USA F22 ou approchant. Léo habite une maison de la rue Jules Coismans, à quelques centaines de mètres de notre terrain, et a été averti de notre activité si près de chez lui. Le modèle avait déjà bien vécu et portait les stigmates de l'inexpérience de son pilote. Je lui ai mis entre les mains un Kinetic, un petit modèle électrique de voltige en mousse, réputé incassable, produit par Hacker, le constructeur autrichien réputé de moteurs brushless. Peu de temps plus tard, c'est un petit motoplaneur en mousse, à moteur propulsif, que je confiai à Léo, le Fly Dream. Entre-temps, Léo avait rencontré plusieurs membres du club et montra de l'intérêt à monter un modèle un peu plus ambitieux, à partir d'un kit... ce fut inévitablement un autre LT200 qui fut engagé.
Les mercredis après-midi de début 2026 furent consacrés à l'assemblage du kit, sur un établi ad-hoc constitué d'une planche de sapin de 130 x 40 cm, raidi par la fixation de deux profils carrés en alu, posée sur deux tréteaux. Comme je l'avais déjà fait avec Enzo, je recommandai à Léo de se constituer une dizaine de sachets de plastique d'un litre, remplis de sable, en guise de masses destinées au maintien des pièces lors du séchage des colles. Au terme d'une vingtaine de séances avec Léo, le modèle était prêt à voler. On l'avait équipé de 4 servos DS-939MG (volets, dérive et profondeur) et de 2 servos TGY-1440A aux ailerons. Le récepteur est un Frsky X8R et l'émetteur est un RadioMaster Pocket tout neuf. Le recouvrement à l'Oracover light n'est pas tout à fait terminé; il reste un extrados de stab et la dérive à recouvrir. Mais, comme la météo annonce une fenêtre de vol possible en fin de journée, on décide d'y aller. Léo est très impatient !
Débuts difficiles...
Après une petite retouche, sur l"metteur, au volet de direction, le premier vol du LT200 fut un lancé-main tout ce qu'il y avait de parfait. Aucune correction nécessaire pour garder la trajectoire et une pente parfaite. Le moment est venu pour une première prise d'altitude… qui se termine par un crash après un demi-tour à gauche incontrôlable. Le fuselage est méchamment abîmé car les flancs, en balsa 3 mm, n'ont pas résisté au choc. Retour à l'atelier; la remise sous tension donne un volet de direction braqué plein gauche ! Le crash était visiblement dû à une modification involontaire du réglage de la dérive juste avant, ou pendant les premières fractions de seconde du vol. J'ai compris trop tard que sur le petit émetteur Radiomaster Pocket, il est quasi inévitable de ne pas toucher les boutons de réglage lors de la prise en main de l'émetteur. Avec celui-ci, il est vital de bien ressortir l'émetteur du mode "réglages" avant de passer au pilotage proprement dit ! Les réparations ont consisté à doubler de l'intérieur, par un multiplex 1 mm, les flancs du fuselage sur toute la zone du cockpit, et à recouvrir tout l'avant par un tissu de verre 80 g appliqué à l'époxy de moulage. La petite prise de poids a pu être compensée par un léger recul de la batterie dans le nez.
Incendie à bord !
Les aventures du LT200 de Léo ne s'arrêtèrent pas là. Quelques jours plus tard, par un temps riche en thermiques, Léo pilota avec succès son LT200 pour un beau vol régulier supervisé par Robin. En s'approchant du planeur revenu au sol en douceur, Robin s'écria : "Hé ! Ça fume là-dedans ! » En effet, une fois le cockpit ouvert, il s'échappait une dense fumée blanche. La LiPo fut prestement déconnectée et on s'aperçut que la régulation du moteur avait complètement cramé ! Heureusement, j'avais aussi amené mon LT200 et Léo a pu poursuivre l'après-midi par quelques vols satisfaisants. Le lendemain, encore une superbe journée durant laquelle Léo revint au terrain avec son Fly-Dream en mousse avec lequel, toujours sous la houlette de Robin, il a pris bien du plaisir à prendre des attitudes redoutables dans les grosses pompes de service. La propulsion de son LT200 a été entièrement remplacée car de sérieux doutes se sont portés sur le moteur brushless "chinois grand ordinaire" où sont probablement apparus des courts-circuits qui ont fait grimper au delà des spécifications la consommation de l'ensemble de propulsion, dépassant de loin les capacités des transistors de puissance de la régulation. Revenu à l'atelier, une mise sous tension du moteur a immédiatement mis en difficulté une autre alimentation… La restauration du fuselage s'avéra possible, grâce au recouvrement en verre-époxy mentionné plus haut.
